Montmartre : Gen-Paul
Gen-Paul et Pomme


Albert Herter
Albert Herter
L'heure du départ
La peinture murale
De la gare de l'Est



Les chats



Pigalle


Une soirée à
"La
Pomponnette"




Photos anciennes


Montmartre :


Les Batignolles :

Jean Arcelin
Jean Arcelin

Mes Batignolles
Nathalie Rouzières :
mes Batignolles


Les jardins Tivoli :

Les restaurants amis du 17e arrondissement :

La gaieté Cosaque



Le vieux Logis




Un air de famille



Le petit Chavignol



18e arrondissement


Chez Armelle et Henri
Par Nico

Boutiques du 17e:

Salama

Le Karimnicoshow


Vacances de rêve ?


Le chateau de la Planchette


Jeanne D'Arc et l'Archange


On ne peut guère oublier que Jeanne D'Arc à été "inventée" par Michelet pour servir le patriotisme nécéssaire de son époque. Je ne conteste pas réellement cette histoire, mais elle tombe à pic pour les besoins politiques du moment. J'imagine assez mal une bergère s'exprimant comme elle le fait dans la transcription du procès. Il est vrai que ce sont les paroles de l'Archange...ceci explique probablement cela..

Le Musée des Beaux-Arts de Rouen , grâce aux dons, est d'une extraordinaire richesse. Cette richesse porte sur pratiquement toutes les époques mais je voulais que nous nous concentrions sur la période du 19e siècle, au moment où se perçoit la déchirure entre classiques et modernes. Cette rupture est plus profonde qu'il n'y parait et porte plutôt sur la conception du Monde que sur un simple esthétisme.
De l'antiquité à La Renaissance, et encore après pour certains, le monde est perçu selon des critères philosophiques et littéraires exclusivement. Il est une idéalité, même lorsqu'il se veut témoignage ( Comme Le Nain ou Brueguel, par exemple, ou encore Watteau). Il passe nécéssairement par le filtre qui détermine "ce qu'on doit penser de ce qu'on voit". Il est toujours moraliste, illustratif et référencé. D'abord religieux, puis social, l'Art va tendre à l'esthétisme, puis à la simple décoration en se rapprochant du Monde réel, c'est à dire matériel.
La salle du Jubé, à ce titre, est superbement démonstrative : toutes les oeuvres sont à la fois illustratives, moralistes et littéraires. La technique est incroyablement éloignée du 17e siècle : immenses toiles, brossées en épaisseur, grattées, comme plâtrées. Théâtralement conçues, notamment celle représentant Andromaque, avec son escalier en cascade, les corps suppliciés suspendus à la paroi, l'amas des têtes coupées, le sang dégoulinant sur la rembarde, les éclairages dramatiques et l' expressions des visages ; terreur, colère et cruauté autour de ce pauvre bébé (néanmoins dodu) qu'on agite dans le vide d'une poigne délibérée et dont on devine qu'il va y échoir.

Image en attente

" Andromaque, ayant caché Astianax fils unique d’Hector dans le tombeau de son pere pour le dérober à l’inquiétude qu’en ont conçu les Grecs malgré leur victoire, et quoiqu’il ne fut qu’un enfant : les vents contraires s’opposant à leur retour après la ruine de Troye ; Calchas déclare qu’il faut précipiter Astianax du haut des murailles, de crainte qu’un jour il ne venge la mort de son pere.
Ulysse, chargé du soin de le chercher, le découvre et fait exécuter les ordres de Calchas.
Le Peintre a pris le moment où Andromaque se voit arracher son fils. Ses cris ne peuvent empêcher l’exécution des ordres d’Ulysse. Il commande qu’on le précipite du haut de la Tour d’Illion."


Georges de La Tour : Saint Sébastien

Le paradoxe du Monde, à mon sens, est dans la contradiction entre le besoin de croire et sa matérialité corporelle évidente. La preuve de l'idéalisme, donc le triomphe de l'esprit est dans le contrôle et le sacrifice du corps pour lune cause idéale ou plus simplement par une sorte de sport (Les sports de combat, par exemple, représentent cette maitrise du corps et sa mise en danger mais toutes sortes de prises de risques reviennent au même).
On peut dire que globalement, jusqu'à La Renaissance, l'Art est au service de l'esprit puisqu'il est soumis aux religions.(La religion n'est que le fait de l'esprit. Celle du corps est la reproduction.) La clientèle des artistes est constituée de prélats, hommes politiques d'importance et aristocrates. Le Titien est un exemple parfait, mais aussi bien Rembrandt. Puis, avec la démocratisation progressive, la bourgeoisie peut se permettre de prétendre aux mêmes privilèges. Cependant, cette clientèle ne perçoit plus le sens philosophique des oeuvres. Celui-ci est remplacé par la valorisation honorifique qu'entraine cette accession. Un signe extérieur d'appartenance au social supérieur. Les besoins ne sont pas les mêmes. On demande des oeuvres plus simples, accessibles sans une culture faramineuse et pénible, qui réjouissent l'âme et sont plaisantes à contempler.


Nul doute que le succès de l'entreprise Brueguel vient essentiellement de ce fait. Point n'est besoin de références littéraires ou religieuses, mais un bouquet de fleurs, une fenêtre ouverte sur un jardin, des scènes de la vie amusantes, voire grivoises (Fragonard), des ustensiles de cuisine, des choses familières (Chardin) et reconnaissables, donc une oeuvre apaisantes.

A mon sens, ce besoin de décoration apaisante a suivi la courbe de la démocratisation et la possiblité pour une nouvelle classe, non seulement d'acquérir des oeuvres, mais aussi d'en créer. Dès lors, l'apparition des impressionnistes ou de quelque mouvement semblable devenait quasi inévitable, ou en tous cas la disparition de la peinture "signifiante", réservée par définition à une culture devenue incompréhensible et par conséquent intutile, uniquement perceptible par son côté "Kitsch", témoignage de temps révolus, tels qu'on parle aujourd'hui des " peintres Pompiers" comme l'auteur de cette "Andromaque" en technicolor ou ces "Énervés de Jumièges" du Musée de Rouen.

Les énervés de Jumièges
Symbolique ou Kitsch ?

 

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