CHAPITRE 1 : Douceur Toscane 3
Prologue

Visite de lexpo 1900


Theresa, Pepino, Agnès et une petite voisine à Aubervilliers

Pour le moment, en ce 14 avril 1900, c'est l'inauguration de l'Exposition universelle. On peut imaginer l'étonnement de Giusepe, Teresa, Ada et Agnès devant ce spectacle incroyable : 70 000 becs de gaz pour illuminer le Trocadero ! L'exposition s'étend des deux côtés de la rive, du pont Alexandre III vers Grenelle, embrassant tout le champ de Mars, la tour Eiffel, bien entendu, qui triomphe majestueusement. On traverse sucessivement l'exposition hongroise, le Palais de l'électricité, celui des Fils et Tissus, du Génie Civil, des Lettres, des Sciences et des Arts, puis, parvenu au champ de Mars, on passe sous la tour pour traverser la Seine et gagner les Pavillons de la guerre, du Mexique, de la Suède, de Monaco, de l'Allemagne, de la Norvège, de la Belgique pour enfin contempler le Grand Palais et le Palais des Beaux-Arts...

Après un passage à Aubervilliers où nos émigrés trouvent à loger dans une pauvre bâtisse de bois où naîtra Juliette en 1908, on retrouve la famille Pellegrini, l'année suivante, 309 avenue du président Wilson, à Saint-Denis la plaine, au troisième étage d'un immeuble très vivable, dont l'escalier est éclairé au gaz. Au long d'un vaste couloir, capable de contenir une table, se disposent, immédiatement à gauche, les cabinets, puis la salle à manger, grande pièce perpétuellement occupée par Pépino, presque toujours à table lisant son journal et aussi souvent chassé par sa femme ou sa fille ; ensuite une grande cuisine dont la fenêtre donne sur les jardin du gaz de France, enfin, à droite, deux chambres. La première, spacieuse, abrite Giusepe, Teresa et Juliette (au début), la seconde est pour les filles. Ada et Agnès ont respectivement 12 et 10 ans. Le soir, on s'éclaire avec la lampe à pétrole. Pepino a obtenu l'appartement par le Gaz de France où il travaille, mais cela ne dure pas : il est vite chômeur. Grâce à la maigre allocation et le travail de Teresa, ils peuvent néanmoins continuer d'y habiter.