
Traité imprimé en 1733,
traduit du vieux François, expliqué et augmenté de commentaires.

C H A P I T R E I
Origine du vernis chinois en Europe
Depuis que dans
le quinzième siècle les Pères de la Compagnie de Jésus entrèrent en Chine comme
missionnaires, sous la conduite du Père Matheo Ricci, le Père Martino Martini
en l’année 1655 fit imprimer à Amsterdam un gros volume intitulé : ATLAS CHINOIS, dans lequel il rapporte
plusieurs particularités de ce grand royaume. A la page 113 de ce livre, il
parle du vernis avec lequel les chinois ont coutume de couvrir non seulement
les écritoires, les coffres, les tables et les autres meubles de cette nature,
mais aussi les murs, les plafonds et les planchers des chambres qui sont
ordinairement de bois, ce qui leur donne beaucoup de noblesse et fait un très
bel effet à cause des différentes couleurs et des ornements dorés, dont ces
ouvrages sont embellis. Le Père Martini en parle en ces termes :
In urbe quartâ provincia décima Chechian dict â Nancheu, plurimum colligitur gummi
illius, feu glutinis Cie, quod stillat ex arboribus, persimileque est lachryma
therebenthi. AE state colligitur purgaturque à Sinis, quo volunt colore
insiciunt; optimum est quod nigerrimum; cum mundom siccatum est, venenatam
quandam emittit exhalationem, cui non assueti intumes cunt ac pallent vultu,
sed facilis est curiato, cum tinguntur Arculae, tardius siccaatur, nisi in
humido sit loco, quàm vero res sit elegans, munda ac splendida, jam pridem
didicit Europa ex capsulis, quae ex japponiâ, atque ip â Sinâ plurimae fuerunt
adductae.
Dans la ville de
Nancheu qui est la quatrième de la dixième province appelée Chechiam, on
ramasse une grande quantité de la gomme ou glu nommée Cie, qui découle de
certains arbres et ressemble fort à celle qui distille du térébinthe. Les
chinois la ramassent l’été, la nettoient bien et la teignent de la couleur
qu’ils veulent. La meilleure est celle qui est d’un jaune tirant sur l’or, et
ensuite celle qui est d’un beau noir.
Lorsqu’elle n’est point encore sèche, il en sort une odeur dangereuse qui fait
enfler tout le corps à ceux qui n’y sont pas accoutumés et leur donne la
couleur d’un homme mort. Mais le remède à cette maladie est très simple; les
petites boites enduites de ce vernis
sèchent rapidement sauf si elles se trouvent dans un endroit humide.
Pour la beauté et la perfection de ce travail, il est aisé d’en juger par ces
boites et autres ouvrages qui ont été rapportés du Japon ou de la Chine en Europe.
Après la
parution du livre du Père Martini, le Père
Athanase Kirker, natif de Fuldes, écrivain très célèbre par la quantité
d’ouvrages parus, fit paraître en 1667 un livre intitulé : La Chine illustrée. Dans le premier chapitre de la cinquième
partie,page 120, il rapporte les paroles du Pères Martini et ajoute qu’il était
arrivé à Rome un ermite de l’ordre de Saint Augustin appelé le Père Eustache Jamart, qui composait un
vernis, lequel, s’il n’était pas le même que celui de la Chine, était néanmoins
très beau et lui ressemblait fortement. Le Père Kirker l’ayant appris du Père
Jamart son ami, voulut bien, avant de le rendre public, lui en attribuer la
découverte et, à la suite du même passage cité ci-dessus, il en donne la
recette que voici.
Il faut prendre
de la gomme-laque bien purifiée, la mettre dans un vaisseau de verre et verser
dessus un très bon esprit de vin, jusqu’à ce qu’il surnage de quatre doigts.
Après avoir bouché hermétiquement le
vase, il faut le mettre digérer au soleil ou à feu tempéré pendant trois ou
quatre jours en remuant de temps en temps. Lorsque la gomme est dissoute, on la passe dans un linge et on la
remet à nouveau à digérer pendant une journée. Lorsque ce vernis est fait, on
se sert du plus clair qui surnage en l’étendant légèrement sur le bois avec un
pinceau. Auparavant, le bois doit avoir été peint de la couleur souhaitée et il
est nécessaire de bien laisser sécher la première couche avant de donner la
seconde puis la troisième.
C
H A P I T R E I I
Où l’on rapporte différentes
préparations faites dans beaucoup de parties de l’Europe, pour imiter le vernis
de la Chine
Il y a une
infinité de différentes compositions de vernis qui sont imprimées dans
plusieurs livres sous le nom de vernis de Chine, quoique ce ne soit que divers
mélanges de gommes en différentes doses, pour approcher de la perfection plus
que celui qu’a publié le Père Kirker. Avant de rapporter celles de ces
préparations qui passent pour les meilleures, il est utile de donner une
connaissance des gommes entre lesquelles chacun pourra choisir celles qui lui
sembleront les meilleures pour faire le vernis à sa fantaisie.
Ayant fait chez
les auteurs de l’Histoire naturelle une recherche exacte sur cette matière,
j’ai trouvé que celle qui tenait la première place était la gomme-laque qui est
la base d'un vernis du Père Jamart. Mais pour connaître plus particulièrement
sa nature, il faut remarquer avec le Docteur Léonard Fioravanti, chap. 24 du
second Livre des secrets qu’il a publié, qu’entre les gommes, il y en a de
chaudes et de froides, d’humides et de sèches. La gomme de pin, communément
appelée résine, (1) est déssiccative. Celle de sapin appelée (2) térébenthine
ou huile de sapin participe du chaud et est consolidante. Celle du prunier et
les autres de cette espèce sont humides et froides. Parmi cette variété, les
auteurs cherchent ce que doit être la gomme (3) laque, ainsi nommée parce
qu’elle tire sur la couleur rouge tout comme la laque.
(1) La résine ou
poix résine est un liquide sirupeux s'écoulant des arbres résineux après
incision qu'on recueille et qu'on chauffe pour l'amollir ou pour activer sa
siccativité.
(2) La
Térébenthine est extraite particulièrement des pins. Nous la connaissons sous
le nom de térébenthine commune. La térébenthine de Venise est extraite du
Mélèze. De sa distillation on tire
l'essence de térébenthine.
(3) Laque gomme
nommée souvent par la suite.
(4) La laque est
une pâte qui sert pour la peinture. On la fait avec différentes teintures
desséchées de bois et de fleurs. La préparation se trouve dans la suite de l’ouvrage
Calceolario,
dans son muséo page 630, rapporte que Garcias, médecin du vice-roi des Indes
orientales dépendantes du royaume du Portugal, homme très savant, après avoir
longtemps douté de la qualité de cette gomme, la reconnaît enfin dans son
premier livre de l’Histoire des aromates. Il rapporte que suivant des
témoignages fidèles, dans le pays nommé Martuban, nait un arbre dont les
branches sont très étendues. Certaines fourmis ailées, qu’on croit naître de la
terre, déposent cette gomme sur les feuilles qui ont la même forme que celles
du prunier, après s’être nourries du sucre qu’elles tirent de l’extrémité des
plus petites branches, de même que les abeilles produisent le miel après s’être
remplies du sucre des fleurs. Les gens du pays coupent les petites branches de
ces arbres chargées de gomme et les font sécher à l’ombre. Il ajoute, comme
preuve de ce fait, qu'on trouve parmi cette gomme des ailes de fourmis et des
petits morceaux d’écorce d’arbre, difficiles à enlever. Cette gomme est
exportée en Europe mais ne se trouve jamais en gros morceaux. Ce ne sont que
espèces de grains mêlés de terre. On la purge facilement de toutes ces
impuretés en la faisant fondre, comme la colle d’Allemagne ou celle qui se
nomme cervona, qu’on étend en feuilles et qu’on fait sécher pour en faire des
vernis. Mais jusqu’à présent, je n’ai pu savoir qu’elle était la liqueur dont
on se sert pour la dissoudre et la réduire en pâte.
(1) Pomet, dans
son Traité des drogues, livre 7 chapitre 43, explique qu’après l’avoir dissoute,
on l’étend sur une pierre plate où elle sèche, mais il ne dit pas la manière
dont on l’amollit. Lorsqu’elle est préparée de cette manière, elle se dissout
plus facilement dans l’esprit de vin, ce qui n’arrivent point avec les autres
liqueurs quelques chaudes qu’elles soient. (2). On doit signaler que cette
gomme, en Europe, se trouve falsifiée et mêlée en parties égales avec de la
résine de pin, ce qui fait qu’elle n’a point la dureté naturelle; ainsi elle
n’est pas si bonne pour faire le vernis.
La seconde gomme
est la sandaraque, appelée par les écrivains vernis et gomme persienne.
Vormius, dans son Muséum, page 129, dit que cette gomme se nomme vernis parce
qu’on la recueille au printemps qui se dit en latin vernum. Les arabes la nomment sandaraque. Elle est différente de
celle de la Grèce qui n’est pas une gomme mais (3) un minéral semblable à
l’orpiment.
(1) Pomet dit
dans l’endroit cité, que pour réduire en plaque la laque en bâton, on la fond
et qu’ensuite on le jette sur le marbre. Dans son Traité universel des drogues
simples, Lemery dit la même chose : cette fusion est sans doute par le feu et
sans addition. Le R.Père Bonnani a crû que le mot français fondre signifiait
dissoudre dans quelque liqueur.
(2) Pour éviter
l’inconvénient de la calcification, on peut se servir de celle qui arrive
attachée autour des petits bâtons, et qu’on appelle gomme-laque en bâton.
(3) La sandaraque (anciennement réalgar), est
un orpiment sublimé en une masse rouge et luisante sans être transparente. (Du
latin sandaraca; du grec sandarakê, d'origine orientale). Résine
utilisée pour la fabrication de vernis et qui provient soit d'Afrique du nord
d'où elle exsude d'un thuya, (Callitris
quadrivalvis), soit de l'Australie, où elle est produite par C.glauca et C.verrucausa.
La troisième est
le mastic qui nait dans l’Ile de Chio. Il tombe en larmes du lentisque, l’une
et l’autre fort connues en Italie. Ces deux gommes se dissolvent facilement
dans l’esprit de vin (l'alcool).

La quatrième est
la gomme copal qui, selon
Calceolario dans sons Muséo, sect5, page 625, et dans l’Histoire des drogues de
Pomet, chap.4, liv.7, est une résine blanche et transparente qui se trouve dans
la nouvelle Espagne en Amérique. Elle provient d’un arbre lorsque les gens du
pays séparent l’écorce du tronc. Clusius dit, à ce que rapporte Gomara, qu’il y
en a deux espèces; l’une semblable à l’encens, et l’autre de meilleure qualité,
préparée par les américains pur faire des parfums. Leurs prêtres s’en servaient
pour leurs encensements lorsque les espagnols arrivèrent. Il ajoute que cette
gomme est humide au premier degré et qu’ainsi elle a une vertu émolliente et
résolutive par la quantité de parties aqueuses qu’elle contient. Ce qui fait
qu’elle se dissout difficilement dans l’esprit de vin (l'alcool). Dans son
Traité des drogues simples, chap.214, Lemery dit qu’il y en a de deux espèces;
l’une qui nait d’un arbrisseau qui a les feuilles longues et les fruits
semblables au concombre, et l’autre qui se tire d’un grand arbre lorsqu’on
incise son écorce. On l’appelle improprement (1) Carabé, parce qu’elle ressemble à l’ambre. (Le Carabé est une
variété d'ambre jaune) Quant à sa dissolution, elle se fait de plusieurs
façons. Un ami très expert en chimie, m’a écrit d’Allemagne sur ce sujet, en
ces termes : j’ai fait l’épreuve de dissoudre la gomme copal avec l’esprit
(essence) de térébenthine et elle s’est en effet dissoute comme la gomme
arabique. J’ai appris d’un autre ami qu’après l’avoir pilée grossièrement, on
la fait bouillir dans une eau empreinte de sel de tartre où elle se dissout;
ensuite on y verse goutte à goutte de l’eau de vie (alcool) à discrétion. J’ai
encore testée une autre façon de procéder, en la pilant bien et en jetant peu à
peu cette poudre dans la térébenthine commune chaude, ou de Venise (2), ou dans
l’huile de (3) térébinthe; mais elle reste épaisse et sèche difficilement.
La résine de
copal se trouve sous trois formes :
1)
fossile,
elle est très recherchée
2)
Semi
fossile, on la trouve au pied des arbres, elle peut convenir.
3)
Vert,
coulant des arbres après incision

(1) Elle est
connue en France sous le nom de faux Carabé.
(2) Il a dit
ci-dessus que la résine qui exsude du sapin se nomme : térébenthine commune, et
nous verrons par la suite que l’oglio
d’abezzo est celle de Venise. (Térébenthine de Venise), qui est obtenue à
partir du Mélèze, un pin méditerranéen.
(3) L’huile de
Térébinthe est la térébenthine de Chio, que nous ne distinguons point de celle
de Venise et qui provient d'Algérie ou du sud de la France.

En partant du fond, à gauche : Térébenthine de
Venise, huile de noix cuite à la litharge, médium à peindre à base de résine.
Devant de gauche à droite : laque décirée, médium flamand préparé, essence
grasse de térébenthine.
Il est
nécessaire de connaître cette opération pour préparer une sorte de vernis
d’excellent qualité, dont le parlerai par la suite.
Il y a ensuite
l’ambre (1), dont l’origine reste douteuse, car on ne sait si c’est une gomme
qui provient de quelque arbre ou un bitume produit dans les entrailles de la
terre. Calceario, dans son Muséo, part.2, page 180, dit qu’il se nomme succinum, parce que c’est un suc congelé
et non produit par des arbres. Munster rapporte qu’on le trouve flottant sur la
mer de Prusse, autour de laquelle il ne se voit aucun arbre. Il prétend que
Pline, Olaüs Magnus et même S.Basile, dans son hexameron, se sont trompés.
Agricola, liv.4. De Fossillibus, dit
que c’est un suc gras de la terre qui, s’étant filtré à travers les veines, se
jette dans la mer où il est coagulé par le froid de l’eau. (L'Ambre est un nom
donné à deux substances différentes que l'on précise par un adjectif, d'où la
confusion précédente : l'ambre gris, issu des concrétions intestinales des
cachalots qu'on utilise en parfumerie se trouve flottant sur les eaux ; l'ambre
jaune ou succin qui est une résine fossile dure, cassante, presque
transparente, d'une couleur qui varie du jaune pâle au rouge hyacinthe utilisé
en joaillerie et, selon la légende, dans la confection des vernis. NDR)
On trouve un
autre très bon bitume pour le vernis noir, qui se nomme asphalte, ou bitume de Judée.

Calceolario
sect.2. Pag.174. en parle ainsi : On trouve ce bitume proche Babylone dans la
Judée, sur le lac appelé asphaltide. Vitruve l’appelle mer morte et dit que
c’est l’endroit où furent détruites les villes de Sodome et Gomorrhe.
L’historien Josèphe en à parlé dans la guerre des juifs, liv.5. chap.5, ainsi
que Solin dans les choses mémorables chap.3 Dioscoride et Avicenne rapportent
que ce bitume a la vertu d’empêcher l’humidité. C’est pour cela qu’on l’emploie
au goudronnage des vaisseaux et autres vases, comme on se sert en Europe de la
poix noire. C’est une preuve manifeste de la graisse onctueuse qu’il renferme.
Dans son Traité
universel des drogues, tome.2 page 107 Lemery parle de l’asphalte qui se trouve
sur la mer morte en Palestine à quelques milles de Jérusalem, et dit que les
arabes s’en servent pour goudronner les vaisseaux, comme les européens le font
avec la poix. Ce bitume était employé par les anciens égyptiens pour les
embaumements. D’après le même auteur, il est aussi employé pour noircir le bois
et contrefaire le vernis de la Chine.
On doit aussi
considérer comme un très bon bitume ou résine (1) la poix grecque, ainsi
appelée parce qu’elle est extraite des sapins de Calabre, qu’on appelait
autrefois grande Grèce. Elle est d’une couleur tirant sur le jaune, comme
l’ambre, mais est beaucoup plus tendre et se fond plus facilement à la chaleur.

Colophane brute à gauche, raffinée à droite.
Par tout ce qui
est rapporté dans ce Traité de la poix grecque, il sait ce que nous nommons
colophane, ou du moins elle y ressemble si fort en tout qu’on peut
indifféremment employer l’une à la place de l’autre. J’ai même appris qu’en
Italie on en frotte le crin des archets des instruments à corde comme nous
faisons ici de la colophane.
Entre les gommes
extraites des arbres et qui sont de nature oléagineuse, il y en a une dont
parle Mathiole dans son premier livre sur Dioscoride chap. 121. Il dit qu’elle
est peu connue et très rare, qu’elle est extraite des oliviers et assure que,
quoiqu’elle ait une infinité de vertus, personne cependant ne l’utilise.
D’après lui, elle ressemble à la scammonée rouge condensée en forme de petites
gouttes et est corrosive. Il ajoute qu’elle provient des oliviers sauvages
appelés aussi oliviers d’Ethiopie. Il parle également d’une autre espèce de
gomme, mais qui n’a aucune utilité. Elle est extraite des oliviers domestiques
et des oliviers sauvages. Ceux qui la produisent sont ordinairement dans le
pays de Sienne et dans quelques autres lieux de Toscane, ainsi qu’en Dalmatie
et dans quelques îles de la mer adriatique. Il ajoute qu’il s’en trouve sur les
collines au bord de la mer adriatique, dans le territoire de Lecques, dans les
Pouilles et qu’elle ressemble en dureté à la gomme copal.
Enfin, outre ces
deux gommes, il y en a beaucoup d’autres qui découlent de différents arbres et
dont parlent les historiens, comme la gomme élémi, l’animé, l’arabique, celle
du prunier, de cerisier et d’azerolier. Le hêtre, le cèdre et le pêcher en
produisent également. Il y a aussi la gomme gutte, l’encens, la myrrhe,
l’opopanax, l’ammoniac. D’autres humeurs proviennent encore de certains arbres,
comme l’huile de térébinthe, de copaïba (Baume de Copahu) et d’autres dont il
n’y a pas lieu de faire mention, parce qu’inutile pour ce que nous cherchons.
Si l’on désire en savoir plus à leur sujet, il suffit de lire le Traité des
drogues de Pomet.
Compositions diverses de vernis faits a l’imitation
de celui qui a été publié par le Père Jamart
Plusieurs
artistes, non contents de dissoudre la gomme-laque dans l’esprit de vin
(l'alcool) bien déflegmé, ont cru qu’en changeant quelque chose dans la
composition du vernis, il en serait plus parfait. Voici les meilleures
opérations sur ce sujet, qui m’ont été rapportées.
Dans la physique
curieuse du Père Adalbert Tilkouski de la Compagnie de Jésus, pag.110, voici la
recette qu’il donne sous le titre de vernis turc:
Il faut prendre
une partie de térébenthine et la laver cinq fois dans l’eau chaude, ensuite, il
faut pulvériser à part deux parties de sandaraque que l’on mettra dans un vase
sur le feu. Lorsqu’elle commencera à fumer, il faut y jeter la térébenthine
avec un peu d’huile d’aspic. On la retire ensuite de dessus le feu et on y
jette une partie d’eau de vie (ou d'alcool à 60°), mêlée avec trois parties (1)
d’eau de résine ; on aura alors un excellent vernis qui sèche en six jours.
Dans le livre de
Christophe Loue Morley, intitulé : Collectanea
chymica leydensia au chapitre intitulé du
Vernis japonais, il est dit : prenez une once (la douzième partie de n'importe quelle mesure) de laque en poudre
et trois onces (donc trois fois plus)
d’esprit de vin (d'alcool à 60°).
Mêlez le tout en agitant le vaisseau de temps en temps ; lorsque la gomme est
dissoute, on en passe sur le bois avec un pinceau autant de couches que l’on
veut, ou jusqu’à ce qu’il y ait une épaisseur suffisante. Quelques jours après,
lorsqu’il est bien sec, on le polit avec de la pierre ponce en poudre et de
l’huile commune, et on lui donne le dernier lustre avec de la craie pulvérisée.
Cette sorte de vernis est très peu différente de celle du Père Jamart, et ne
mérite pas le nom de vernis japonais comme nous le verrons par la suite.
(1) Aqua
di rasa. J’ai fait plusieurs recherches pour savoir ce que pouvait être
cette eau de résine que nous ne connaissons point sous ce nom. On m’a précisé
de Rome que c’était la même chose que l’oglio
d’aspigo, c’est-à-dire l’huile d’aspic. Tous les peintres italiens que j’ai
consultés m’ont confirmé la même chose, qu’il s’agissait d’huile d’aspic. C’est
une drogue fort connue; on en ignore cependant l’origine. Pomet dit que c’est
l’huile essentielle d’une lavande sauvage fort commune en languedoc. Mais il
est difficile de se persuader que si cela était, on pût l’avoir à si bon
marché. Il y a plus de chances, comme plusieurs l’assurent, que c’est une huile
éthérée de térébenthine, dans laquelle on a fait macérer des fleurs de cette lavande
sauvage. Si cela est, on peut se servir indifféremment d’huile d’aspic ou
d’huile de térébenthine dans toutes les opérations des vernis.
La méthode
suivante se trouve dans un livre français fait par un auteur de ma
connaissance. Prenez quinze onces d’esprit de vin rectifié (d'alcool rectifié), deux onces de gomme-laque en poudre et deux
onces de sandaraque. Mettez le tout dans un matras. Faites-le digérer au
bain-marie et filtrez au travers d’un linge. On détrempe toutes sortes de
couleurs avec ce vernis, mais avant de l’employer, le bois doit être couvert du
vernis suivant : huit onces d’huile d’aspic, cinq onces de sandaraque en
poudre, le tout étant bien mélangé sur le feu. On en enduit tout chaud la pièce
que l’on veut vernir. Lorsqu’elle est sèche, on y met le vernis coloré dont on
a parlé auparavant.
Dans le Traité
des secrets d’Alexis Piémontois, liv.5. pag.80, il est dit: prenez du benjoin subtilement pulvérisé, versez
dessus de (1) l’eau ardente (alcool) jusqu’à ce qu’elle surnage de
trois ou quatre doigts. Ce vernis a un
grand éclat et sèche promptement. Si on le veut transparent, il ne faut prendre
que la seule (2) amande de benjoin, mais pour le faire de la couleur or, il n’y
a qu'à y mettre un peu de safran.
(1) Eau-de-vie,
liv.5. Page 85 Edit d’Anvers.

(2) Le benjoin
ressemble à des amandes engagées dans du mastic et rompues. C’est sans doute de
cette espèce d’amandes blanches qu’il faut employer pour le vernis transparent.
Le cavalier Fioravanti, chap.69. Liv.5. dit : prenez benjoin, sandaraque et mastic et pulvérisez-les bien. Mettez
dessus de l’eau-de-vie et faites digérer ce mélange à un feu doux ou au soleil.
Les gommes se dissoudront facilement et formeront un vernis très brillant et
qui sèche promptement. Le Frère Dominique Aude, chanoine régulier du St Esprit,
liv.2 page 156, parle en ces termes : prenez une livre d’esprit de vin rectifié, quatre onces de gomme-laque et deux onces
de sandaraque pulvérisée. Faites-les dissoudre dans l’esprit de vin et filtrez
dans un linge. Il ajoute la façon de s’en servir, qui est la même que celle du
livre français que nous avons cité ci-dessus. Il dit de plus que ce vernis ne
craint ni l’eau ni le feu, mais ce dernier n’est point vrai.
Voici une autre
opération rapportée par un lithuanien : trois onces de sandaraque, une once de camphre,
une once et demie d’ambre (1) trois onces de térébenthine cuite et endurcie.
Pulvérisez le tout, faites-le dissoudre dans l’esprit de vin, et vous aurez un
excellent vernis.
Un cavalier
allemand m’a donné la recette suivante d’un vernis pour mettre sur les
ouvrages, après les avoir colorés: prenez quatre onces de bonne eau-de-vie et
mettez-la dans un vase de verre assez grand pour pouvoir en contenir deux fois
autant. Faites-la bouillir sur les cendres chaudes, et, tandis qu’elle bout,
mettez-y une once de sandaraque en
poudre; lorsqu’elle sera fondue, jetez-y une once et demie de térébenthine fine, et lorsque le tout
aura bouilli un peu, ce sera un très bon vernis.
(1) C’est ce que
nous appelons fausse colophane, qui est en effet une térébenthine cuite et
durcie par l’évaporation de ses parties les plus onctueuses.
Dans l’épitomé
cosmographique du Père Coronelli de l’ordre de ST- François, page. 402, on lit
ceci : pour faire le vernis apporté de la Chine, prenez de la gomme-laque, de la gomme copal blanche et de la gomme
commune (une once de chaque sorte). Il faut que la gomme-laque soit
purifiée dans une lessive forte et chaude, jusqu’à ce que la lessive reste
claire. On doit ensuite la laver deux ou trois fois dans l’eau commune et la
faire sécher au soleil. Lorsqu’elle est sèche, on la met en poudre avec les
deux autres gommes et on met le tout dans l’eau-de-vie. On fait bouillir le
tout pendant cinq heures et on obtient un très beau vernis.
Le Père Jean
Zahn, liv.3. C.9. (1) indique une vernis qu’il nomme de la Chine, faisant
dissoudre la gomme-laque dans l’esprit de vin. Il dit aussi la manière de la
purifier afin que le vernis soit clair et transparent. Mais, avec la permission
de ces deux auteurs et même du Père Kirker, qui a publié la première manière de
la purifier, j’ai fait plusieurs fois l’expérience qu’à la vérité, on ôte à la
gomme-laque une grande partie de sa couleur rouge. Mais en même temps elle
reste énervée pour ainsi dire et ne retient plus rien de sa substance
glutineuse et dure, qui est nécessaire pour la composition d’un bon vernis.
Ainsi, lorsque
l’on veut mettre sur les ouvrages colorés un vernis clair, il faut en composer
de très légers. Nous donnerons par la suite plusieurs très bonnes recettes à
cet effet. En attendant, voici la recette d’un vernis qui, selon les diverses
expériences que j’ai faites, est un des meilleurs, tant pour sa dureté quand il
est sec que pour le brillant qu’il acquiert quand il est poli.
(1) Fundamentum
tertium practico mechanicum syntagma III. cap. IX. praxis.1.
pag.161. Oculus artificialis authore R.P.F. Joanne Zahn. Herbipoli 1685.
Il faut dissoudre la gomme-laque dans l’esprit
de vin, comme nous l’avons dit ci-dessus, c’est-à-dire sur un feu fort doux ou
au soleil; mais il faut ajouter à ladite gomme un peu d’ambre et de gomme copal
dans les proportions suivantes : quatre onces de gomme-laque, deux onces
d’ambre, une once de copal, une (1) livre et demie d’esprit de vin et une once
de térébenthine. Quoique que la gomme copal se dissolve difficilement dans
l’esprit de vin, elle y laisse néanmoins une teinture et quelque partie
d’elle-même si on la fait bouillir quelque temps dans un matras lutté ou au feu
de sable. De plus, la térébenthine en facilite la cuisson et perd elle-même
beaucoup de sa graisse, ce qui fait un excellent vernis.
Voici ce qu’un
ami de flandres m’a écrit : pour dissoudre facilement la gomme copal dans
l’esprit de vin, prenez une chopine d’esprit
de vin, deux onces de gomme copal,
un quart d’once de sandaraque, une
demie once de crème de tartre;
mettez tout cela ensemble dans un vase de verre assez grand et bien bouché.
Brouillez-le et faites-le bouillir jusqu’à ce que tout soit dissout. Il y a
quelques différences de l’ordre de ces vernis entre eux, et de celui qui est
suivi dans Pomet L.7, chap.59. Il rapporte cinq espèces de vernis; le premier,
qu’il appelle blanc, est composé d’huile de térébenthine, de térébenthine de
Venise et de mastic. Le second nommé huileux, oglio di spigo est composé d’huile d’aspic, de sandaraque et de
térébenthine fine. Le troisième est composé de sandaraque, de carabé blanc, de
gomme élémi, de mastic et d’esprit de vin. Le quatrième, de couleur or, est
fait d’huile de lin, de sandaraque, d’aloès Socotrin, de gomme gutte et de
litharge d’or. Le cinquième, qu’il nomme de la chine, est composé de
gomme-laque, de colophane, de mastic et d’esprit de vin, mais il ne dit ni la
dose des ingrédients, ni la manière de les unir ensemble. Il nous suffit de les
avoir indiqués et passons présentement à d’autres plus sûrs et plus
expérimentés.
(1) La livre de douze onces
Outre les vernis
dont nous avons parlé ci-dessus, qui sont faits avec l’esprit de vin, la sandaraque
et la térébenthine, il est possible d’en faire d’autres qui ne tachent en
aucune façon lorsqu’on les applique sur les ouvrages, parce qu’ils ne
contiennent point de gomme-laque qui fait ordinairement un oeil rouge, mais au
contraire leur donnent plus de brillant et d’éclat.
Le Père Zahn,
dont nous avons parlé ci-dessus à la seconde pratique, chap.9, en décrit une
recette, à savoir : dix onces d’esprit de vin, deux onces de sandaraque et deux
de térébenthine commune ou de Venise, cette dernière étant la meilleure. Il
ajoute une autre composition pour le même effet qui, d’après lui, est plus
parfaite, à savoir : deux drachmes (ancienne
mesure de masse : environ 3,825gr) de gomme animé, de gomme élémi, d’encens
blanc et d’ambre blanc. Après les avoir réduites en poudre subtile, versez
dessus du vinaigre distillé, faites cuire le tout ensemble et versez ensuite le
vinaigre par inclinaison. Après avoir lavé la matière avec de l’eau chaude
jusqu’à ce qu’elle soit bien blanche, faites-la sécher. Ensuite mettez-la en
poudre en y ajoutant deux drachmes de gomme adragante (qui découle d'arbres genre astragalus provenant d'Asie mineure) et
quatre de sucre candi. Mettez ensuite le tout dans un livre d’esprit de vin (d'alcool), agitez le vaisseau de temps
en temps et faites bouillir ce mélange au bain marie pendant deux heures.
Lorsqu’il est retiré du feu, laissez-le reposer quelques temps, afin de faire
précipiter les matières grossières et versez par inclinaison ce qui surnage. On
obtiendra ainsi un vernis très claire et fort bon.
Le même auteur
assure qu’il existe d’autres vernis rapportés dans l’Arte vetrarie expérimentale de Jean Kunckel, mais n’ayant pu le
trouver dans toute l’Italie, je n’ai rien pu rapporter.
(1) Pag. 161. Accipe spiritus vini bene rectificati Unc. 10. gummi sandracea
pulverisati et terebentina veneta ana.
uncias 2. ac impone vitro, etc...
Oncie
dieci di spirito di vino, concie due di sandracea, edue di terebintina, ô sia
Oglio d’Abezzo il quale è migtione, etc...
J’ai traduit Oglio d’Abezzo par la
térébenthine de Venise, Parce qu’il apparaît que par ce passage et par tout ce
qui suit, que ce ne pouvait être autre chose, puisque nous confondons en France
celle de Venise et celle de Chio.
Voici une autre
composition qui m’a été envoyée de France par un ami. On prend deux onces de
copal, deux onces de sandaraque et une de mastic. On pulvérise le tout et on le
fait bouillir avec un demi septier
d’esprit de vin dans un vaisseau de verre bien bouché. On obtiendra ainsi un
vernis très clair.
Un religieux de
St. François avait coutume de faire des fleurs avec du papier peint pour orner
les autels. Il leur donnait un fort bon brillant avec le vernis suivant :
on prend de la gomme arabique dissoute en eau
commune, de la sandaraque dissoute en eau-de-vie chaude, un peu de sucre candi
et un blanc d’oeuf mêlé à la gomme. Il faut bien incorporer le tout et on
obtiendra un vernis très brillant, surtout pour le papier.
On fait un autre
vernis clair en mettant dans une livre d’esprit de vin : quatre onces de
sandaraque, une demie once de mastic, une once de camphre et en mettant le tout
à digérer sur feu lent.

On en fait une
autre sorte un peu différente avec quatre onces d’ambre blanc, une once de
mastic en larmes, une once de copal et gomme animée. On fait dissoudre ces
gommes avec une once d’esprit de vin dans un vase de verre bien bouché sur les
cendres chaudes ou au soleil et on en fera un vernis très blanc.
La composition
suivante est encore fort bonne. Etant mise sur les couleurs, elle ne les tache
point, mais elle forme dessus une
épaisseur qui peut se polir de façon
qu’il semble que ce soit un cristal mis sur la couleur. En voici la
composition : il faut premièrement un blanc d’oeuf que l’on fait sécher au
soleil ou à la tramontane (Au vent du
Nord) sur un plat de faïence, où il deviendra dur comme de la gomme et se
conservera autant qu’on le veut. Prenez une drachme de ce blanc d’oeuf, une
once de sandaraque blanche, deux drachmes de mastic blanc, une demie drachme de
camphre. Réduisez le tout en poudre et mettez-le dans une demie livre d’esprit
de vin au soleil où sur feu doux. Lorsque tout sera dissout, filtrez dans un
papier gris. Si l’on en veut une plus grande quantité, il n’y aura qu’à doubler
la dose et on aura un vernis clair et excellent.
Il se fait un
autre vernis avec du blanc d’oeuf. On prend un blanc d’oeuf vieux, on le bat
jusqu’à ce qu’il se soit élevé beaucoup d’écume que l’on rejette comme inutile.
On prend ce qui reste au fond que l’on y incorpore avec du sucre candi et de l’eau-de-vie,
et l’on obtiendra un vernis très clair;
Dans le Miscellanca Curiosa de la huitième année
publiée en 1689 par Jean Daniel Grière Gegere, on rapporte une forte de vernis
clair, propre à conserver les insectes et les empêcher de se corrompre. Prenez
dit-il une livre d’esprit de vin et un peu d’ambre transparent, faites digérer
ce mélange au bain marie pendant quarante huit heures, puis ajoutez-y un peu de
sandaraque et un peu de térébenthine. Faites dissoudre le tout en le tenant
vingt quatre heures au bain marie. Prenez ensuite l’insecte et ôtez-en le
dedans, puis baignez-le pendant quelques jours avec le l’esprit de vin, dans
lequel vous aurez dissout un peu de sucre candi. Ensuite enduisez-le plusieurs
fois du vernis ci-dessus, jusqu’à ce qu’il devienne comme un verre qui
l’enveloppe. L’insecte ainsi préparé durera très longtemps sans se gâter.
Il y en a qui
font un vernis très clair pour mettre sur les estampes sans les toucher
immédiatement, mais qui s’étend sur un voile que l’on place devant elles comme
un verre, de la manière suivante : on étend une gaze blanche sur un métier ou
châssis et on l’enduit des deux côtes avec le vernis suivant : on prend de la térébenthine fine que l’on
incorpore à froid dans de l’huile d’aspic, les battant continuellement pendant
une demi-heure, jusqu’à ce qu’ils aient pris la consistance d’un blanc d’oeuf.
On les laisse reposer et on verse par
inclination ce qui surnage dans un autre vase. On l’étend ensuite avec un gros
pinceau sur la gaze d’un côté et d’autre, puis avec un couteau de bois ou
d’ivoire sans tranchant, on l’unit également et on laisse sécher la gaze à
l’ombre dans un lieu à l’abri de la poussière.
Lorsqu’elle est
sèche, on peut y donner une seconde couche et on aura une gaze transparente.
On en fait un
autre du même genre et pour le même usage, qui n’est pas moins beau que le
premier, mais qui est très fragile. Il se fait de cette manière : on prend une
once de gomme copal claire et on la pulvérise subtilement. On la met dans un
vaisseau de terre vernissée et on l’incorpore à feu lent avec deux onces de
térébenthine. Lorsque cette composition est devenue bien liquide, on y jette
goutte à goutte trois onces d’esprit de térébenthine et on l’étend sur la gaze
échauffée au soleil ou au feu. Elle deviendra comme un cristal, mais si on la
plie elle rompra.

C H
A P I T R
E V
Du vernis de couleur or
A présent que
nous avons proposé plusieurs sortes de vernis qui sont tous composés avec des
gommes dissoutes dans l’esprit de vin, il n’est pas hors de propos d’en ajouter
quelques-uns qui sont compris dans le même genre et avec lesquels mes corps
argentés deviennent de couleur d’or lorsque l’on les enduit. Cette sorte de
vernis se fait de plusieurs façons et
chacun pourra choisir celle qui lui plaira le plus, leurs couleurs étant peu
différentes les unes des autres, comme l’or battu en feuilles ; l’or en poudre
tout de couleur un peu différente de l’or de monnaie. Voici donc la manière de
faire un vernis de cette espèce : on prend un quart de partie de benjoin, une
partie de mastic et une demie de sandaraque, chacun réduit en poudre. On met
d’abord le mastic à dissoudre sur le feu dans l’eau-de-vie, après quoi on met
la sandaraque et puis le benjoin. Lorsque les matières sont réduites en liqueur,
on y ajoute un huitième de térébenthine fine, une coquille de noix et d’aloès
Socotrin. Lorsque cette composition aura pris une belle couleur, on l’ôtera du
feu et on en enduira les ouvrages argentés. D’autres se servent de benjoin,
d’aloès en poudre et d’un peu de safran, le tout dissout dans l’eau-de-vie. De
ce vernis on donne aux ouvrages argentés plusieurs couches, laissant bien
sécher la première avant de donner la
seconde.

J’ai un ami en
Allemagne, très habile chimiste, qui m’a donné une autre composition, qui, a
son avis, est très bonne et qui se fait de la manière suivante : on fait fondre
deux onces d’ambre jaune sur une platine de cuivre, et lorsqu’il est
entièrement fondu, on le met deux ou trois jours au bain de sable, dans
l’esprit de térébenthine, en remuant le vase de temps en temps. On obtient
ainsi un esprit d’une très belle couleur d’or, qui, étant mis sur le corps
argenté, sèche très rapidement.
La composition
suivante est très bonne également : une once de gomme laque, deux drachmes
d’aloès Socotrin en poudre, huit onces de térébenthine, une livre (Cette livre n’est que de douze onces, car
c’est celle de Rome et de toute l’Italie) de sucre en poudre fin.
Incorporer le tout ensemble et le filtrer dans un linge. On peut le conserver jusqu’à
son usage.
Mais il y a un
vernis que j’ai plusieurs fois expérimenté avec beaucoup de succès, et que je
préfère à tous les autres. Pour le préparer, je me suis toujours, basé sur
l’expérience, qui, étant la maîtresse universelle, enseigne ce qu’il faut
augmenter ou diminuer pour arriver à la perfection. En voici donc la
composition : faire dissoudre la gomme
laque dans l’esprit de vin ;
mettre dans le même vase de la Curcume
réduite en poudre (Curcume est le rhizome
d'une herbe vivace d'Asie orientale, également appelée Fouchet des Indes. Cette
racine est extrêmement dure; on la nomme aussi terra mérita. Elle colore d'un
très bel orange à prisme bleu.)
Ajouter un peu
de safran sec et pulvérisé, du sang de dragon en poudre. (Le sang de dragon est la résine d'un arbre
de la famille des calamus nommé Dragone qui naît dans les campagnes de
Carthagène au Pérou. Très soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles grasses,
il colore les vernis en rouge sang).
Cette
composition étant donc bien dissoute et incorporée à une chaleur douce, on la
laisse reposer quelques temps pour déposer les résidus. On se sert pour vernir
de ce qui surnage où, si on veut le vernis plus clair, on le filtre avec un
papier gris avant de l’employer. Il faut qu’il soit un peu échauffé au soleil.
Couvrir l’argent hardiment sans le rebrouiller avec le pinceau. On laisse
ensuite sécher l’ouvrage au soleil. Quelques heures après séchage, donner une
nouvelle couche. On recommence cette opération jusqu’à ce que l’on approche de
la couleur désirée. Pour cela, changer les proportions en ajoutant soit du
safran, soit du sang de dragon.
En Angleterre,
en France et en d’autres pays, on emploie pour les boîtiers de montres un
vernis, qui, déposé sur l’argent le fait paraître d’or, et même sur le laiton on obtient une très belle couleur.

En voici la composition : prendre deux onces de
gomme laque, deux onces de carabé jaune, deux onces de gomme gutte, quarante grains de sang de dragon en larmes, un demi
drachme de safran, quarante onces d’esprit de vin. Réduites en poudre,
les gommes se mettent en infusion avec l’esprit de vin dans un vase de verre
bien bouché. On les fait digérer quelques temps au soleil ou au bain de sable,
en remuant souvent le vase; ensuite on le filtre dans un linge. Pour s’en
servir, on doit chauffer la pièce d’argent ou de laiton qui, avec ce vernis,
prendra la couleur de l’or.
Tous les vernis
employés ci-dessus sont employés par plusieurs artisans, peintres, dames et
cavaliers pour leur divertissement, et souvent sous le nom de vernis chinois.
Mais il sera facile de voir, selon le rapport du Père Martini, dans le premier
chapitre de ce petit traité, combien chacun s’est trompé en indiquant qu’il
s’agit du véritable vernis chinois.
Il sera utile
d’avertir que, dans les opérations des vernis enseignés ci-dessus qui se font
avec l’esprit de vin, il faut qu’il soit parfait et déflegmé, voire même le
rectifier après la distillation. Cela se fait en suspendant dedans un morceau
de sel de tartre (1) de façon qu’il
ne touche point le fond du vaisseau. Ce sel attire tout le flegme et le sépare
de l’esprit qui surnage au-dessus. Lorsque cette séparation sera faite, il faut
le passer dans un entonnoir de verre, afin de boucher l’entonnoir avec un
bouchon sur lequel on pose un peu de coton, dès que le sel dissout dans le
flegme est entièrement passé. Le même sel pourra servir une autre fois.
(1) Cette précaution est inutile; il
suffit de mettre sel de tartre dans l’esprit de vin, et de l’y laisser quelques
temps. On versera ensuite l’esprit par inclination ou un le filtrera de la
manière indiquée. Il serait même préférable de le mettre avec le sel de tartre
dans un alambic de verre et de le distiller au bain marie.
C H
A P I T R
E V I
LES INGREDIENTS QUI ENTRENT
DANS LA COMPOSITION DU VERNIS CHINOIS ET LA MANIERE DE LE PREPARER
Le Père Martini nous a enseigné que le vernis
chinois est une espèce de bitume semblable à la térébenthine qui découle des
arbres, mais il ne nomme point l’arbre qui le produit. Le Père Pierre
Vanhame de la Compagnie de Jésus, de
nationalité flamande, missionnaire, domicilié à Pékin, indique, dans une lettre
du 10 Février 1697, que ce bitume se nomme Ci, et que c’est une humeur qui
distille de certains arbres qui naissent sur les montagnes les plus hautes, et
seulement dans la province de Suchuan. Cette humeur, que les chinois ramassent
en faisant des incisions dans l’écorce de ces arbres, peut se conserver vingt
ans et plus, si on la garde dans un vaisseau bien fermé, afin que l’air ne la
fasse si sécher, ni pourrir. Il serait possible avec de grands soins de la
transporter, mais les chinois, lorsqu’ils en vendent aux étrangers, ont coutume
de la falsifier en y mêlant d’autres huiles, ce qui fait qu’en peu de mois elle
se corrompt et devient inutile à l’usage qu’on veut en faire. Ce vernis, pur et
sans falsification vaut ordinairement dans ce Royaume, d’après le Père Pierre
Vanhame un teston la livre qui est environ trois jules. (Un teston vaut 20 sols en valeur intrinsèque, et environ 2l. 14s. de
monnaie en France à ce jour) La façon de l’employer est de l’étendre sur le
bois avec un pinceau de crin rude, de le laisser sécher à l’ombre et lorsque la
première couche est sèche, on peut en donner une seconde et une troisième si on
le juge nécessaire. Ainsi est le contenu de la lettre.
Présentement, il
faudrait savoir si, avant d’employer ce bitume, il faut le préparer et le
disposer à cette opération. Le Père Vanhame ne l’a pas indiqué; peut-être
l’ignorait-il ? Je l’ai moi-même appris d’un ami qui a vécu quelques temps en
Chine et qui, à plusieurs reprises, a vu faire l’opération de la manière
suivante : prendre soixante onces de Chiaram cru (par ce mot portugais, il
entend le vernis tel qu’il découle des arbres et qui se nomme Ci en Chine) et
autant d’eau. On met le tout dans un vaisseau de bois qu’on laisse un jour
entier au soleil en été, ou deux jours en hiver. On mêle bien le tout avec une
spatule en bois et ensuite, on le conserve dans un vaisseau de porcelaine
bouché avec de la vessie mouillée. Il se nomme en Portugais, Chiaram cuit.
En second lieu,
préparer de l’huile appelée Girgili, qui se tire par pression d’une graine du
même nom, de la même façon qu’en Europe on fait l’huile de graine de lin. En
Chine, cette huile sert pour les aliments, en l’absence de l’huile d’olives. On
trouve cette graine également en Sicile, où elle se nomme Giurgiulena. Mélangée
au miel, on en fait une préparation culinaire. On cuit cette huile de manière à
ce qu’elle devienne un peu jaune et épaisse. Lorsque l’on veut composer le
vernis, on prend soixante onces de Chiaram ou Ci cuit, soixante dix grammes de
Girgili. On les mêle au soleil dans un vaisseau de bois, et si l’on veut que le
vernis soit noir, on y ajoute quelques drachmes de vitriol dissout dans de l’eau.
Le vernis est alors prêt à l’emploi. Il est utile d’avertir que le vaisseau a
ordinairement cinq à six palmes de long et deux de large, afin qu’avec la
spatule, on puisse bien brouiller le bitume et l’agiter de côté et d’autre.
Quelquefois,
avant de mettre ce vernis sur le bois, les chinois donnent une première couche,
comme ont coutume de faire les peintres avant de peindre de la manière suivante
: Ils prennent du sang de cochon qui, en Chine, ressemble au veau d’Italie et
mêlent celui-ci avec de la chaux vive en poudre. Ils couvrent le bois de ce
mélange ainsi que nous le faisons avec du plâtre ou de la colle, puis, après
séchage, le polissent avec une pierre ponce ou quelque chose de semblable. Mais
en ce qui concerne les bois durs sur lesquels il n’est point nécessaire de
mettre cette composition, ils y donnent une couche de l’huile cuite citée
ci-dessus. Lorsqu’elle est sèche ils y mettent le vernis. Sur les superficies
planes et étendues, comme écritoires, tables etc. Ils ont coutume d’y coller bien
proprement un papier uni tel qu’est celui de la Chine. Après l’avoir lissé avec
une dent, ils y appliquent le vernis qui reste très uni, les chinois
n’employant aucun autre moyen pour le polir, ce vernis s’étendant de lui-même
et la superficie demeurant fort égale. Ils ont seulement soin, lorsqu’il est
bien sec, de le frotter avec un linge.
Tout ceci m’a
été confirmé , en tant que témoin oculaire, par le Père Armand Bryel, de
nationalité française, qui est venu de Rome en 1716.
Le Père
Louis-le-Comte avait publié une partie de ces instructions en 1690. Dans ses
lettres adressées à plusieurs personnes en France, il citait les choses qu’il
avait observées au cours de son voyage dans le Royaume de Chine. Il est
intéressant de rapporter ici ce qu’il dit du vernis chinois dans sa lettre
adressée à Mme la duchesse de Bouillon, sur la noblesse et la magnificence de
la Chine. Il y dit page 211, que le vernis est très commun à la Chine, et
qu’ainsi beaucoup se trompent, en croyant que c’est un secret de l’art, alors
que ce n’est qu’une humeur, qui comme une résine, découle d’un arbre. Pour
l’employer, il suffit de le mêler avec plus ou moins d’huile, selon que
l’artiste le juge à propos. On couvre le bois de ce vernis qui le garantit des
tâches et de l’humidité, et le fait paraître très beau, brillant et de la
couleur désirée en y délayant la couleur qui en donnera le résultat.
Quelque bois que
ce soit, étant enduit de ce vernis, doit être séché et ensuite recevoir au
moins trois couches du même vernis. Si le bois n’est pas bien poli, les veines
apparaissent au travers du vernis. Pour l’éviter et obtenir un résultat
parfait, il est nécessaire de couvrir plus d’une fois, voire même faire un lit
de la première couche en y mêlant quelques poudres. On peut aussi couvrir le
bois d’un papier collé avec le vernis même, ce qui donne à l’ouvrage un aspect
fini, poli et luisant comme du verre.
Lorsqu’il est
sec, les chinois oint coutume d’y faire des ornements de fleurs et des
arabesques d’or et d’argent. Après séchage, ils les recouvrent d’une légère
couche de ce vernis très clair, ce qui les défend de la poussière et de
l’humidité. D’autre part, s’il tombe dessus de l’huile, de la graisse ou autre
chose, on peut le laver avec un linge mouillé. D’après le Père le Comte, on emploie
le même vernis au Tonkin et au Japon.
Après avoir reçu
de si bonnes information, j’en ai fait moi-même l’expérience. S.A.R. Cosme III,
grand Duc de Toscane, ayant reçu une quantité considérable de ce Chiaram et de
l’huile dans des vaisseaux séparés,j’ai pu en obtenir une bouteille de chaque,
afin de faire l’essai en suivant les consignes indiquées dans la lettre
précitée, et les conseils donnés de vive voix par ces Père qui avait fait un
séjour à Rome. Toutefois, j’ai travaillé avec des précautions infinies, afin
d’éviter l’accident qui arrive en Chine et qui peut également arriver à
Florence. En effet, ceux qui travaillent à ce vernis sans y être parfaitement
accoutumés ou sans avoir le contrepoison nécessaire. En effet, lorsqu’un homme
en a inspiré ou avalé une certaine quantité, il gonfle et manque de
respiration. C’est pourquoi je l’ai touché en aucune façon et en évitant
l’odeur avec soin, et je l’ai étendu sur le bois et sur le papier avec la même
facilité que j’aurais employé de l’huile de lin cuite avec un pinceau, et il
est devenu de lui-même très uni et brillant. J’ai fait la même expérience en
mettant ce vernis dans un lieu fermé, où la poudre ne pouvait pas tomber
dessus. Après l’avoir laissé sécher, je le trouvais au bout de quelques semaines,
non pas tout à fait endurci, mais sec de façon qu’étant touché avec le doigt,
il n’y restait aucune marque.
Je dois avertir
ici que pour cette opération, je me suis servi de la règle qui m’ait été
donnée, c’est-à-dire prendre deux parties de Chiaram et une d’huile qui ne sert
à autre chose qu’à le rendre plus liquide et plus facile à étendre avec le
pinceau. Ce Chiaram étant de consistance semblable à la térébenthine ou à
l’huile cuite, de laquelle se servent les imprimeurs d’estampes, et l’huile
cuite de Giurguli ressemblant tout à fait à l’huile de lin que les peintres
emploient.
Il est utile
d’indiquer le remède dont les chinois se servent avant de commencer
l’application de ce vernis. Ce conseil m’a été communiqué par un ami établi en
Chine. On prend des plumes de poule, on les fait bouillir quelques temps dans
l’eau, et avec cette décoction , on se lave le visage et les mains, avant et
après le travail, laissant la peau sécher d’elle-même, sans l’essuyer avec du
linge ni autre chose de semblable.
J’ai également
fait l’épreuve de mêler d’autres couleurs à ce vernis (1) sans le noircir, et
j’ai trouvé qu’elles s’y incorporent toutes très bien et avec autant de
facilité qu’avec l’huile de lin ou de noix crue ou cuite.
(1)
Il
se noircit avec le vitriol, comme on l’a vu ci-dessus.
(2) C H A P I T R E V I I
LE VERNIS UTILISE AU JAPON
Après le
précédent examen et l’épreuve faute du véritable vernis de Chine, un ami
demeurant aux Indes orientales m’a envoyé un texte en langue portugaise un peu
barbare, concernant le vernis utilisé au Japon, pays peu éloigné de la Chine,
avec lequel les gens du pays peignent les tables, coffres, bureaux, plateaux et
autres meubles, quoique qu’en ce qui concerne les arabesques dorés, ils n’aient
pas le perfection des chinois. Les écritoires, importés du Japon, qui
ordinairement se vendent à Bengale, villes des Indes orientales, sont en
principe ornées de feuillages, parmi lesquels ils ont coutumes d’enchâsser des
morceaux de couleur changeante, que l’on croit communément être la nacre de
perles. C’est une erreur; se sont des fragments de coquille très mince et
tendre dont j’ignore le nom. On peut en trouver de presque semblables avec une
coquille Bivalve dans la mer Trapani
en Sicile; on la nomme Sartanielle. Elle est de la figure marquée dans mon
traité des coquilles, n° 58 de la seconde classe des bivalves, ou composée de
deux pièces pareilles comme les Trenilles et d’autres semblable.
Etant
recueillie, la matière dont on fait le vernis au Japon se nomme Utuxi. On tire
cette matière d’un arbre particulier, comme celui de la Chine, à la fin de
Septembre, qui est normalement la huitième lune des Japonais. On la recueille
de la manière suivante : faire des incisions profondes dans l’écorce de
l’arbre, depuis le haut jusqu’en bas. Lorsque la liqueur commence à distiller,
à l’aide d’un instrument de fer ou de bois, on la fait couleur dans un vase de
porcelaine, puis on la couvre avec un papier trempé dans l’huile. Cette liqueur
n’est point noire, elle tire plutôt sur le blanc. Lorsqu’on la recueille, il
est préférable de ne point la toucher, car elle provoque d’horribles
démangeaisons et une douleur considérable, et fait venir énormément de boutons.
J’ignore si cet arbre est de même espèce que ceux qui produisent le vernis en
Chine. A mon avis il est différent, car au Japon on le cultive pendant sept ans
avant d’en tirer le vernis, alors que celui de la Chine en donne tous les ans.
D’autre part, il est grand comme les pins et sapins d’Europe et ne demande
aucun soin particulier pour le cultiver.
Lorsque l’on
veut employer le vernis du Japon, il faut premièrement le disposer et le
préparer de la manière suivante : on le filtre deux fois au travers d’un linge
en prenant bien garde de ne point le toucher. Pour cela, on le presse entre
deux planches; ensuite on l’étend avec un pinceau sur le sujet à vernir et on
laisse sécher. Après l’avoir filtré une
autre fois au travers d’un linge dans lequel on aura mis un paquet de soie ou
de coton, on redonne une seconde couche. On donne suite la troisième couche de
la façon suivante: on filtre deux fois le vernis, et sur trois parties, on en
met une (1) d’eau. On met ce mélange dans un vase proche du feu et l’on remue
avec une cuillère, jusqu’à ce que l’eau soit bien incorporée avec le vernis. Ce
vernis, remué pendant un jour entier sur le feu devient noir. Lorsqu’il est
parfaitement noir, on y incorpore de l’huile appelée Gingiulea. J’ignore quelle
sorte d’huile c’est, mais je ne crois pas qu’elle soit différente de celle
utilisée en Chine.
(1)
Il
parait assez extraordinaire que l’on mêle de l’eau dans ce vernis qui est de
nature oléagineuse.

CHAPITRE VIII
La façon d’employer le vernis précédent
Le bois
ou n’importe quelle autre matière sur laquelle on veut mettre du vernis, doit être poli et très
uni. Lorsque la superficie en est recouverte, ils ont coutume d’étendre dessus
un morceau de toile fine enduite de ce vernis du côté où ils l’appliquent sur
le bois. Par ce moyen, elle reste attachée comme elle le serait avec une autre
colle. Pour être assuré de cela, j’ai rompu quelques ouvrages venant du Japon
garnis de cette toile, mais très mince, et d’autres de papier collé avec le
même vernis sur le bois. Lorsque la toile est appliquée, on enferme l’ouvrage
dans un coffre ou une armoire afin que la poussière ne puisse pénétrer. On
laisse bien sécher, puis on commence à couvrir la toile de plusieurs couches,
en laissant toujours bien sécher la première avant d’y mettre le second, afin
que chacune puisse bien endurcir.