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L'Yeux
à voir : EROTIC
MUSÉE (suite)
En
fait, pas grand chose, Jojo, juste quelques impressions assez diverses,
tant il est vrai que tout ce que j'y ai vu ne m'a pas excité tant que
ça.
Mais
revenons au début de notre expédition, le Sexodrome. Première tentative
presqu'avortée, puisqu'aucun de nous n'a osé aller plus loin que le lèche-vitrine,
ou plutôt le touche-rayonnage. Bien sûr, d'y aller à plusieurs n'aide
pas vraiment à confronter ses envies intimes à tout ce que l'on peut y
trouver « d'utile et d'agréable ». En fait, au risque de faire dans le
cliché, ce grand hall rouge est un de ces lieux où l'on va accompagné
de sa solitude (pas comme l'une des boutiques de fringues que nous avions
visité la veille, Gitane et moi, où l'on a vu entrer plusieurs couples
trentenaires à la recherche de leur tenue du samedi soir, peut être prévu
à « l'Axe Bleu » ou à « Cris et chuchottements »). Et puis, je ne me voyais
pas vous dire : « bon, ben
c'est
pas tout ça, mais je me ferai bien une petite cabine, pour voir ça au
moins une fois dans ma vie ... quelqu'un a un paquet de Kleenex ? ». Non,
décidement, pas possible. Tout le monde sort, donc.

Wallon,
Jojo, Henri4, Gitane et Cathy, tous
dehors, on respire...
Nous
voilà tous hors de ce lieu devenu inutile, puisque nous l'avions décidé
ainsi. Visiblement plus détendus qu'à l'intérieur... Jojo et Henri4 filent
interviewer un habitant du quartier (l'heureux homme) et me voilà seul
avec les filles, toutes trois bien décidées à prendre plus de plaisir
au musée de l'érotisme et persuadées d'y trouver mieux...

Jojo's
Angels
: trois filles bien décidées !
Une
fois dans le musée de l'Erotisme,
pas plus d'excitation, en tout cas pour moi... au moins au début. Les
objets présentés, pré-colombiens, africains, chinois, perses, grecques
-- originaux ou copies -- sont tous très beaux et assez touchants, mais
tout est en vrac, toutes époques et origines confondues. Pas ou peu de
commentaires. On voudrait tellement en savoir plus. D'accord, on n'est
pas dans un musée national (et pourquoi pas d'ailleurs, pourquoi ne voit-on
jamais de telles pièces dans les expos officielles, pourquoi cet aspect
de la vie est toujours éclipsé, hein, j'vous le demande ? Bon, c'est vrai,
j'l'avoue, j'me vois mal emmener un petit garçon dans un musée et devoir
passer à la bouteille de lait pour éviter de répondre à la question fatale
: « Dis, c'est quoi ça ? »). Bon, à défaut d'être instructif, ça pourrait
être carrément drôle. Ca l'est juste un peu.

La
cause...

...
et
la
finalité
De
belles pièces, tout de même...

Le
sexe
et
la
mort
Heureusement,
plus on monte (sept étages quand même), mieux c'est, quand on arrive au
niveau retraçant la grande période de Pigalle, là ça devient intéressant
... car plus de repères pour analyser ce que je vois ? Alors que Jojo
se délecte des figurines qui me rappellent les maquettes et figurines
de soldats de mon grand frère, en beaucoup plus rigolo et moins camouflé,
je m'arrête sur les dessins et gravures, stupéfait de leur actualité d'un
point de vue graphique.

Prix
de
gros
:"Ah ! non que c'est pas cher ! et encore
c'est ce prix là parce que vous êtes
plusieurs..."
Je
soupçonne certains des dessinateurs assez à la mode en ce moment, comme
ceux de l'association (Blutch en particulier) de bien connaître cette
époque tant certains de ses dessins semblent être un hommage...

Un
Degas
Dingue,
maintenant un Degas. Je me souviens les « allusions » que j'ai souvent
entendu à son sujet. Elles prennent corps avec ce dessin.

"Oh
un Félicien
Rops
!"
Oh,
et là : un Félicien Rops. « Vous avez un Félicien Rops ? », dit Lucchini,
dans « Rien sur Robert » de Pascal Bonitzer, façon de demander « Vous
avez des estampes Japonaises ?». Tout s'éclaire. Lui aussi fréquentait
les joyeux salons de la IIIème.

Un
salon
de la IIIème
Pour
moi, rien que ces dessins justifiaient le détour. Wallon a raison, Jojo
avec ses figurines, moi avec mes dessins, c'est amusant de voir comment
ce lieu a pu nous renvoyer à nos petits péchés mignons...
Albrecht.
Mars 2005
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