LA MOSKOVA (suite)
La Moskowa



Se crée alors l'Association Moskova, qui regroupe des habitants et des personnalités extérieures, artistes et politiques. On se bat contre le projet. Mais la municipalité de Paris, comme celle du 18e, résistent. On met en avant la vétusté des lieux. Celle-ci est évidente, mais à qui la faute ? Personne ne s'est soucié de la Cité Moskova depuis 1938, sinon pour en profiter par des études coûteuses et divers détournements.
Roger Chinaud, maire du 18e arrondissement, clame: "Le bâti de la Moskova n'offre pas un témoignage historique tel qu'il doive être préservé."
Pourtant, un contre projet établi par l'architecte Pierre Stetten, le responsable de la rénovation du vieil Annecy préconise un aménagement diffus, le doublement des surfaces habitables sans brutaliser les structures existantes : 40% des bâtiments restent debout. La municipalité Chirac n'examine même pas la proposition. En décembre 1994, les bulldozers et les pelleteuses attaquent.
Cependant, les élections municipales de 1995 renversent la tendance. Les manifestations contre le projet redoublent.
Le nouveau Maire du 18e, Daniel Vaillant, apporte son soutien aux contestataires. Jean Tiberi, qui a succédé à Jacques Chirac, se dit favorable à un urbanisme "à visage humain" et à une meilleure concertation.
La municipalité accepte de revoir en partie le projet Moskova. Les bureaux sont supprimés, les hauteurs revues, et une vingtaine de pavillons anciens préservés. C'est une petite victoire pour les combattants. Reste à savoir comment les habitants seront relogés, et quand.

Il faut huit maîtres d'ouvrages pour effectuer les travaux. Malgré les promesses, il ne reste pratiquement rien de la Moskova. Toute la voirie a été réaménagée. Du maillage si typique des venelles et des petits passages, il ne reste que trois rues parallèles : Angélique Compoint, Bonnet, Moskova.

Au total, la nouvelle Moskova compte 504 logements, dont 32 en réhabilitation. Très peu d'immeubles anciens ont été préservés, qu'on voit ici en photo.
La mixité sociale a été encouragée, la répartition se décompose comme suit : 295 appartements à loyer modeste,149 à loyer intermédiaire et 60 appartements privés ou en accès à la propriété. On ajoute à cela une école maternelle et un square.


L'immeuble principal

Le contraste est évident. L'endroit était réellement insalubre. L'ancienne Moskova, que j'ai bien connue (J'allais à l'école Georgette Agutte) m'était habituelle. Nous habitions au 70 rue Damrémont, dans un même genre de lieu, comme il y en a tant à Paris (La Mouzaïa, par exemple) Il ne se ressemble en rien à présent, mais il conserve un vrai charme, qu'il est agréable de visiter, surtout lorsqu'on en connaît l'histoire.
Tous les renseignements sur la Moskova proviennent du journal "Le 18e du mois" et sont extraits du n°103. Février 2004.
Les photos ont été prises le 16 juillet 2007.


Le square


Genre acienda


Genre Déco 1930

De l'ancien rénové

Le charme tiendrait-il du fourbis ?

Un pavillon préservé