Il y a 360 images, mais on comprend que ne sont actives que celles stimulées par une présence planétaires, l'Ascendant, le milieu du ciel, mais aussi, tout ce qui se trouve dans l'angle adéquat : sextile, trigone, carré, opposition. Qu'on peut définir comme potentielles puisqu'elles seront actives un jour, où l'ont déjà été.
Ainsi le 18e degré du sagittaire. Jupiter-dans-le-ciel s'y trouve le jour de mon arrivée à Marseille. Il est donc au trigone exact de Jupiter natal sur le 18e degré du Lion. Théoriquement, la chose est d'importance.
(en maison X : Carrière. La maison X est à l'opposée de la IV. Si celle-ci représente le foyer, le lieu du feu, la X en est la cheminée, là où nait l'espoir et où la vie peut se développer)
Voici le texte :
"Deux êtres étranges : l'un tenant un flambeau d'une main, et de l'autre une chouette par la queue, et une femme ayant une figure dans le genre d'un masque et une tignasse de cheveux emmêlés."

Je ne réalise pas immédiatement que l'image des degrés est directement transposée sur la scène. En effet, j'ai été appelé pour remplacer un comédien qui a la jambe cassée et tout préoccupé d'entrer dans le personnage, je n'ai pas réellement prété attention à la pièce. L'action se déroule en une nuit, dans un désert éclairé par des torches. Il y a là trois personnages énigmatiques : un émigré roumain et son chien, une femme dont on ne sait pas si elle est avec lui ou pas, et un étranger blond dont on ne sait pas s'il s'agit de l'ex amant de la femme, son père ou un ange, le double de l'autre ou encore un extra-terrestre.
J'avoue que je n'ai rien compris à cette pièce, mais ce n'est pas grave : je ne comprends pas tout de la vie et ça ne m'empèche pas de vivre. J'aime bien mon role. Il tranche totalement sur ce que j'ai fait jusqu'ici, ôse ce que je n'ai jamais osé auparavant. Pour la première fois, j'ai le temps d'éprouver du plaisir en scène, avec la conscience d'être en scène et non un bolide qui fonce vers la sortie. Je prends le temps de faire ce que j'ai à faire, sans l'inquiétude d'être ennuyeux...même si c'est probablement le cas. Ce n'est plus ma responsabilité. Rien n'a réellement d'importance, semble-t-il.
Le fait est que Anne et Jean-Pierre, mes partenaires, ne sont pas des inconnus, au contraire. La pièce est comme le prolongement mystérieux de nos vies intimes et des rapports qui nous lient depuis longtemps.

J'ai vu ensuite que ce degré prévaut pour le thème de Brigitte Bardot, qui y a son Milieu du Ciel. "Le visage dans le genre d'un masque, une tignasse de cheveux emmêlés" et Vadim qui tient la chouette, sinon le flambeau.
Dans nos "Vagabonds", c'est Anne qui a la tignasse et le visage en masque ( hyper tyroidienne, ses yeux sont exophtalmés). C'est elle qui soccupe de la direction d'acteur tandis que J.P compose le décor et les éclairages. Nul doute que je suis face à une "incarnation" de l'image du degré.

Bien entendu je ne le crois pas vraiment. Par quel miracle cela serait-il? Mais l'ensemble est assez troublant pour titiller ma curiosité.
Ce que je suis comme comédien traduit assez bien ce que je suis dans la vie. Plutôt dominateur, mais avec l'idée que ce n'est pas ma place. Ce trait amène une sorte de mensonge dans les rapports. Mais cette fois, Anne exige de moi que je me laisse entièrement dirriger. Discuter est interdit. Je dois faire strictement ce qu'on me commande et recommencer jusqu'à l'épuisement s'il le faut. J'accepte cette fois parce que je n'ai jamais accepté auparavant.
Elle me dit "Je ne veux plus te reconnaître. je ne veux plus te voir. Je veux voir le personnage. je veux que tu disparaisses."
Il y a les comédiens...et les acteurs. Les comédiens se jouent eux-mêmes parce que c'est ce qu'on leur demande. On vient pour eux. Si Jean Gabin ne "fait pas du Gabin", il déçoit. Quelque soit le personnage, c'est gabin qui l'interprète. Il aura le même ton, la même voix, sa sublime manière de fermer ses sens et de grogner ses phrases. Qu'il soit curé, malfrat, avocat, chômeur, président, c'est toujours lui. L'acteur va à l'inverse et disparaît sous le rôle. C'est ma première fois. Puisqu'on me dit que j'ai le cul mou, je vais faire de la musculation tous les matins pour répéter l'après midi, je vais hurler dans les hauteurs de Marseille pour changer ma voix. Je cultive l'accent roumain (facile, je le connais). Je deviens.
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