Le trajet d'Alexandrie au Caire est toujours aussi inéffable. C'est à celui qui défoncera l'autre. On conduit à l'intimidation. Tout comme à Istamboul.
Judith ne peux s'empècher de soupeser la situation.
-" Tu te rends compte ? de cette gigantesque civilisation, il ne reste rien. Rien du tout." Je ne réponds rien. Elle a raison. C'est comme le corps lorsque l'esprit est parti. Il survit avec les moyens du bord.
Nous allons directement nous réfugier dans le Musée.

Le soir, après l'inévitable Son et Lumière sur les Pyramides où le sphynx lance en version française son : -"Bonsoir.", nous nous retrouvons devant le non moins inévitable spectacle de danse du ventre dans le cabaret appointé. Quatre à table : Jacqueline, Pierre, moi, et une nouvelle connaissance : Louise. La quarantaine. Un mètre soixante deux de hauteur. Un mètre de large. Bronzée au chalumeau. Le cheveu crépu, assez vilaine, mais plutôt drôle. Elle est journaliste à France-inter. Une pile de pneus dans une robe du soir. J'aurais espéré mieux, mais elle est à peu près ce qu'il me faut. En camionneur, elle sera parfaite. Elle parle hebreu, arabe, anglais, espagnol. Si je dois faire du barouf pour extraire Théodore de son mauvais pas, elle peut réellement aider. Seul problème : elle s'engouffre directement dans ce que j'aurais préféré éviter. Elle me regarde comme si j'étais un hamburger vu qu'elle n'à rien mangé depuis un mois.

Tout cela amuse prodigieusement Jacqueline. Nous devons faire un quadrige de première classe. Un qui à l'air de coucher avec sa mère, l'autre qui se trimballe une chose excitée qui clame :
-"vous n'allez pas le croire mais ça fait bien dix ans que ça ne m'est pas arrivé !"
-"Arrivé quoi ? "Demande Jacqueline doucement.
-"Ben...tagada."
-" Si j'ai bien compris, ce n'est qu'une éventualité..", dit elle en me clignant d'un oeil mental.
Louise me jette un regard coulant.
-" Tu brûles...t'es comme du feu", sussure-t-elle.
Je m'écrase sur moi-même. Jacqueline éclate de rire.
-" On dirait que tu déchaines les passions" s'amuse-t-elle.
L'idée me fait sourire. Louise prend ça pour un acquiessement.
Elle se rapproche et me contemple amoureusement. Je vois dans le regard de Jacqueline une infinie interrogation.
Nous logeons, Pierre et moi, dans un bungalow vitré près d'une piscine bordée de palmiers avec vue directe sur le Sphynx. Devant la porte, Jacqueline prévient qu'elle préfère rentrer dans le sien, qu'elle partage avec une numérologue. Pierre insiste pour qu'elle entre un instant mais visiblement, elle craint, disons, la promiscuité.
Il l'accompagne donc. Je fais entrer Louise. La pièce est spacieuse, contenant deux lits de deux personnes. Louise s'affale en travers. jette ses chaussures en l'air et dit :
-"
viens vite. "
Je regarde le plafond. Heureusement, Jacqueline et Pierre réapparaissent.
-"
Pas moyen de la réveiller, la numérologue, et elle a fermé la porte de l'intérieur." Dit-jacqueline. "Il va falloir m'héberger".
Pierre s'en montre ravi. Comme louise occupe un lit, il va s'assoir sur l'autre. Jacqueline suit.
-" Bon. On dort ?" demande-t-elle. Temps de silence. "en tous cas, on éteint".
Par la baie vitrée, le shynx nous regarde. Je suppose qu'il en a vu d'autres. Froissements des déshabillages. Draps qu'on ouvre.
Une demi heure plus tard, différents affaires faites, on rallume.
-" Ha. J'en aurais des choses à raconter à mes petits enfants", sourit Pierre.
Jacqueline, triomphante, lève les bras.
-"Et bien moi, je pourrais le faire tout de suite en rentrant !" clame-t-elle
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