Georges Faget-Bénard
Peintre graphiste

Appolon
Appolon : la faculté d'admirer la beauté du monde


Vénus, la séduction et la ruse de la nature


Ares-Mars, le prédateur

Jupiter
Jupiter en beau barbu

Saturne
Saturne vu par Goya



Le problème posé par l'analogie est qu'elle est quasi incontrôlable. Elle est d'autant plus dangereuse qu'elle n'apparait pas en tant que telle, puisqu'elle ne passe pas par le raisonnements mais par l'intuition. Elle possède sa logique : chaque fois qu'un élément en évoque un autre, elle s'y glisse et en déduit un rêve qu'elle prend pour une réalité. Cela peut se faire aussi bien dans le sens montant que descendant. Ce Pégase peut mener à l'illumination comme à la folie la plus sombre selon qu'on sait la conduire. Les exemples historiques ne manquent pas. De tous les bords.
Cependant, lorsqu'on en connaît le fonctionnement et la nature, ce cheval ailé est apte à nous mener vers une véritable compréhension des anciens. Mais avant tout, il faut s'assurer du sens des mots qu'ils emploient. Il y a là une véritable malédiction (mau-dire=mal dire. Si l'auditeur est mal-comprenant, on peut s'attendre au pire..)

Si nous prenons en compte le fait que notre "vision du monde" est constituée d'une série quasi infinie de Poupées Russes, (Tout est contenu dans tout), nous pouvons parfaitement imaginer que le principe créateur de cet univers soit unique (quoique double), donc trinitaire. (voir l'illustration ci-dessus) Supposons qu'il s'agisse d'un aimant constitué de deux pôles et nous avons "Dieu" en face dans sa grande trinité. L''univers est créé. A partir de là et quelque soit la complexité à venir, le principe en sera toujours aussi simple...aussi simple que le fonctionnement théorique d'un ordinateur : avec ou sans pulsion électrique. Oui.Rien.Rien.Oui.Oui.Rien Rien n'aura besoin d'être. On se contentera de virtuel et d'une vision relative d'un pôle à l'autre.
La pensée des anciens tenant compte de ce fait, ils ont vu, par analogie, que tout était de même constitution : la même structure se retrouve partout. - Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas par le miracle d'une seule chose - (la table d'emeraude d'Hermès ) Qui est une structure relative. Lorsque nous expérimentons le monde que nous tenons pour réel, nous oublions que c'est NOUS qui le créons. Nous le créons autant dans sa matérialité que dans la conscience et l'interprétation que nous en avons. En fait, il n'est tel que pour nous. Et comme nous avons tous plus ou moins les mêmes instruments de décodages ( nos sens), nous pouvons partager une certaine réalité, qui ne sera cependant réelle QUE dans la mesure oùu nous avons les mêmes instruments sensibles et culturels. Voilà exactement ce qu'il faut dire pour que plus personne n'écoute, d'où le proverbe : le prêche crée le désert !!!

Je m'amuse beaucoup à comprendre tout cela, qui n'est - je m'en rends parfaitement compte - d'aucun intéret pour une personne normale. Mais bon. J'avais prévenu.

Par exemple, le Soleil est comme la conscience en cela qu'il éclaire le monde, le rend visible et perceptible. Si l'on ne sait pas ce qu'on regarde, on ne voit rien. On voit un tas indifférencié, un chaos auquel il va falloir donner un nom, donc une existence. La lune est comme la mémoire parce qu'elle conserve et reflète la lumière du soleil. Elle permet de voir la nuit et, grâce à elle, l'inconscience ne gagne pas tout à fait. Mercure, en tant que plus proche du soleil est comme l'intellect, sans qui la conscience ne serait rien puisqu'il faut réunir tous les éléments et les relier. Chef du commerce extérieur, reporter-journaliste, Il sera donc messager des Dieux.
Vénus, toujours inhérente au Soleil-Conscience est comme le sentir. Elle permet d'apprécier le chaud le froid, l'agréable et le désagréable, le désiré comme l'indésirable. Contrairement à ce qu'on croit, elle ne représente pas l'amour mais l'attraction du désir.


Née du sperme d'Ouranos et jetée dans Neptune

Les anciens n'avaient pas besoin de savoir que la terre n'est pas au centre du système. La chose ne change rien pour ce qui est de la situation relative des humains : ils seront toujours le centre de leur monde. Personne ne vit sur le soleil. Par contre ils connaissent la notion d'orbite ( on verra cela avec la Lune Noire) et par conséquent donnent un ordre psychologique certain.
Tout commence avec Jupiter, dont on sait aujourd'hui qu'il est la plus grosse planète, probablement jumelle "avortée" du soleil, puisqu'en effet, l'Homme EST une conscience sociale : l'homme en tant qu'être individuel dans une communauté. Avec ses règles, ses lois, sa culture, son univers propre.
Entre Vénus et Jupiter (puisqu'on ne tient pas compte de la Terre) se trouve Mars, dont on sait qu'il est "Dieu" de la guerre, mais pas seulement. Outre que l'orbite de Mars croise celle de la terre et pourrait la percuter théoriquement, outre que sa couleur est rouge et très visible, le principe de mars est comme la survie. Il n'y a que deux manières de survivre : séduire (Vénus), attaquer (Mars). S'offrir ou prendre. Toute la vie sur Terre est subordonnée à la proie et au prédateur, puisque tout bouffe tout. C'est une réalité observable.
Saturne est comme le principe de concrétion. Il est ce qui se construit et ce qui reste après. Il soutient la vie sans être la vie. C'est le principe même de la structure, de l'éternité temporelle, la finitude, la matière. Le tuyau qui conduit la vie, le véhicule, corps ou tombeau. Il est le père de tous les autres, puisqu'il représente le temps.

Les planètes suivantes ont été découvertes après, mais selon ce même principe d'analogie subconsciente ( la poésie est de cet ordre), on leur a donné le nom de Neptune, depuis toujours assimilée aux masses non-individuées ( l'équivalent Hébreu de Abel, brume inconséquente), Uranus (pour Ouranos=anneau de lumière, probablement, pour les anciens, la voie lactée, le ciel étoilé), représentant le principe inverse à Neptune d'une individualisation électrique et d'une mentalisation parfois excessive, enfin Pluton (Le riche), Dieu des enfers, dans la mesure où l'on comprend que le mot enfer vient du latin in-ferre, contenir, comme dans "aurifère" contenant de l'or, potentialité intérieure et non punition à la catholique. Ainsi Lucifer est-il "contenant la lumière" plutôt que "portant la lumière". Pluton contient l'énergie vitale brute et peut s'assimiler à un volcan, mais aussi à toutes les richesses contenues dans le sous-sol, évidemment.

Pluto, en grec, signifie "Le riche".

Nous avons là le principe analogique selon lequel tout se construirait, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. Sachant que la Mythologie - qui, sans que nous le réalisions vraiment, structure notre pensée culturelle, même lorsque nous ne sommes pas cultivés - est parallèle à l'astrologie sans y être confondue.